LA CDS EN CAMPAGNE DE SOLIDARITE A VEC LA PRESSE
C’est avec cette déclaration publiée le 22 juillet que la CDS a initié une campagne de solidarité en direction de la presse, consciente des enjeux pour la démocratie que porte le programme de mise à mort de la presse par le pouvoir de Pastef.
“Le Sénégal traverse une zone de turbulence des plus critiques. En effet, tous les secteurs de la vie nationale subissent, à des degrés divers, les secousses des politiques en cours. Dans ce cadre, le secteur de la presse connaît des chocs d’une particulière virulence, avec des mesures écono-miques, fiscales, financières et administratives des plus funestes.
Ainsi, depuis l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités, la presse est comme saisie à la gorge par des actes d’une extrême gravité. Il y a d’abord le rejet, par le pouvoir du Pastef, de la décision prise par l’ancien Président de la République, Macky Sall, d’annuler la dette fiscale des entreprises de presse, en compensation des contraintes auxquelles ce secteur a dû faire face pendant la période du Covid.
Ensuite, l’administration fiscale s’est abattue sur les organes de presse pour les contraindre à payer leurs dettes, allant jusqu’à bloquer leurs comptes bancaires par le biais des avis à tiers détenteur (ATD) tout en leur refusant tout moratoire.
Par la suite, l’Etat pastéfien a suspendu le Fonds d’appui au développement de la presse (FADP) annuel, en dépit de son inscription dans la Loi des finances de 2024 et 2025, plongeant ainsi les entreprises de presse dans une situation de précarité inoue. Aujourd’hui, nombre de ces entreprises ont du mal à payer les salaires de leurs employés.
L’une des conséquences d’un tel acte inqualifiable de légèreté et d’arbitraire se traduit par la décision du Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie (CORED) de fermer ses bureaux à la Maison de la Presse, faute de moyens pour faire face à ses dépenses de fonctionnement, dont les salaires du personnel permanent.
Pire, non seulement l’Etat refuse de payer les prestations effectuées dans le cadre de contrats liant les organes de presse aux sociétés publiques et parapu-bliques, mais il procède à la résiliation de ceux-ci. L’exclusion d’EXCAF du marché de fourniture de décodeurs TNT au Séné-gal, par la TDS, au profit d’une entreprise malienne s’inscrit dans la même veine et interroge quant à l’option souverainiste proclamée du pouvoir du Pastef.
Pour parachever l’œuvre de mise à mort systémique de la presse, le Ministre de la Communication joue sa partition en décidant d’autorité des organes à reconnaî
tre et ceux à bannir de l’espace médiatique, sous prétexte d’assainir le secteur, en violation flagrante du Code de la Presse, loi nationale régissant le domaine.
Le pouvoir de Pastet, non content de placer son genou sur le cou économique des entreprises de presse, déroule son plan d’étouffement de celles-ci en traquant de manière systématique les animateurs des médias, par l’emprisonnement de journalistes et autres chroniqueurs dont la parole pourrait troubler le sommeil des nouveaux princes.
Toutes ces mesures sont accompagnées d’une campagne de dénigrement de la presse. Jetée à la vindicte populaire, elle est accusée de détournement de deniers publics, d’incivisme fiscal, de chantage, d’inféodation à l’opposition ! On tente ainsi de la fragiliser, de la discréditer et, en conséquence, de frapper d’incrédibilité ses animateurs.
Aussi, devant ce qui apparaît comme une volonté assumée “d’effacer” la Presse, particulièrement celle qui se veut indépendante et professionnelle, profondément ancrée dans les traditions démocratiques acquises de haute lutte, la CDS ne peut se soustraire à ses responsabilités.
Voilà pourquoi la CDS dénonce avec la dernière énergie la politique machiavélique d’écrasement de la presse, d’extinction de la liberté de presse. Violer la liberté de la presse, c’est violer toutes les autres libertés et droits attachés à la vie humaine.
Il n’est pas d’activité humaine, politique, économique, sociale, religieuse, culturelle, au sujet de laquelle on n’a pas besoin de la presse soit pour la relayer, soit pour alerter, ou encore pour éduquer.
A cet égard et incontestablement, dans une société démocratique, comme la nôtre, édifiée dans la lutte pour la conquête et la préservation des libertés et droits de l’homme, l’existence de la presse est fon-damentale. Elle devient un garant de tous les droits et libertés : droit d’entreprendre, droit à l’information plurielle, droit à la transparence, à la justice sociale et à l’équité.
Autant de raisons qui fondent l’engagement de la CDS à appeler à la mobilisation tous les démocrates. Pour soutenir activement la presse, se solidariser avec elle, défendre la liberté de la presse et empêcher sa mise à mort programmée ! Pour ne pas se faire complice de l’instauration sile
La Rédaction
