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Le Pr Souleymane Astou Diagne apprécie le Plan de Sonko

sur ECONOMIE
août 11, 2025

(intervention à l’émission « Jàkkarloo » du 1er août 2025)

« D’abord les autorités ont présenté la situation à l’Assemblée nationale en disant qu’elles cherchent quasiment 18.000 milliards pour financer l’Agenda de transformation nationale 2050, en posant des axes et des recherches de financement. Ensuite, elles nous présentent le New Deal Technologique pour un financement de 1105 Mds pour relever le niveau technologique du pays. Plus tard, elles reviennent nous présenter un autre document, un document de programmation budgétaire et économique pluriannuel allant de 2026 à 2028 avec quasiment un besoin de 19.000 Mds, pour redresser l’économie du Sénégal et c’est le troi-sième. Maintenant, ils reviennent pour rechercher encore 5.600 Mds pour redresser l’économie. La question que je me pose – parce que je me perds là – c’est quoi aujourd’hui le document de référence de la politique économique du Sénégal ? Il faut des clarifications de la part de O. Sonko, parce qu’il y’a trop de documents.

Donc, aujourd’hui, si on se réfère à la présentation de Jubbanti Koom, on passe sous silence la question la plus importante en économie, c’est la confiance. L’économie marche avec la confiance. Avez-vous, une seule fois,

entendu O. Sonko parler de la confiance ? Le cas Khadim Ba, un champion qui est accusé de crime douanier et qui est blanchi par un expert requis par le juge, est toujours en prison. Il a fait une demande de liberté provisoire qui a été refusée par la chambre d’accusation. Pourtant c’est lui qui préfinançait la Senelec pour une énergie en permanence pour le pays de même dans d’autres domaines. C’est pareil pour Tahirou Sarr qui est un grand homme d’affaires. Ce genre de personnes, si vous les emprisonnez, vous détruisez un réseau de financement économique important. C’est la raison pour laquelle vous entendez dire que le pays ne marche pas. Objective-ment, ces gens doivent être libérés pour restaurer la confiance. C’est la confiance qui pacifie l’espace politique pour ramener la confiance pour que les gens investissent pour faire redémarrer le moteur économique. Le cas Badara Gadiaga aussi doit être revu, dans ce cadre de l’apaisement.

En outre, il y a d’autres secteurs essentiels sur lesquels il ne s’est pas pro-noncé. En réalité, il ne fait que des matraquages fiscaux, aujourd’hui. Si on voit bien, tout tourne autour de l’impôt : comment faire pour mieux fiscaliser les sénégalais et cette manière de faire tue l’économie. En économie, on sait que trop de fiscalisation affaiblie la demande alors qu’il n’y a pas de création de valeurs.

Le plus grave pour un pays c’est l’ignorant qui croit savoir et qui ne sait pas ; et c’est ce qui risque de nous ar-river. En réalité on n’est pas dupe, ils veulent tromper la vigilance du FMI en leur faisant croire qu’ils sont sur la bonne ligne. Le président de la République Bassirou Diomaye Faye a bien dit dans son discours que ce Plan de redressement est une réponse pour le FMI. Cela veut dire que beaucoup de subventions vont sauter. J’ai toujours dit que si vous voulez tuer les sénégalais il faut toucher le « Woyafal » puisque l’électricité coûte très cher au Sénégal. C’est pourquoi le ciblage dont il parle ne marchera pas. On n’est pas comme les pays européens. Cette sor-tie-là n’était que du theatre.

C’est curieux tout de même, sachant que l’élément central de notre économie c’est le secteur informel, que le Pm n’en a pas parlé. Or, sur 10 sénégalais 09 sont dans le secteur informel ; c’est le pilier de l’économie du Sénégal. Il y a de cela 03 mois, les universités étaient en grève et pourtant le

redressement commence par l’école au lieu d’en parler, il se focalise sur le nu-mérique. Les universités sont dans des problèmes, les conditions de travail des enseignants et des étudiants ne sont pas bonnes. Le ministre d’état avait déjà insinué une possible baisse des sa-laires. O.Sonko a dit à l’Assemblée nationale que la bourse des étudiants est élevée et qu’un pays comme la Côte d’Ivoire n’est pas à ce niveau. Je lui rappelle qu’en 2012 quand Macky Sall accédait au pouvoir la bourse était à 24 milliards et à son départ celle-ci était à

77 Milliards. On s’attendait de ce nouveau régime qu’il l’amène à 90 ou 100 Mds puisque les étudiants sont l’avenir du pays. Si on vient au pouvoir pour couper leur bourse, où ira le Sénégal ?

En plus, les bourses de sécurité familiale sont supprimées, depuis que les nouvelles autorités sont venues au pou-voir. Elles étaient à une valeur de 30 Mds. La totalité du budget national est utilisée au niveau central ce qui fait qu’au niveau décentralisé, ça ne bouge pas et c’est le bas-peuple qui va subir les conséquences. En France, aux Etats Unis et autres pays le développement à un croisement vertical et horizontal mais avec ce régime, le niveau horizontal est en berne. »

Transcription de Astou KEBE

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