FACE AUX DERIVES DU REGIME DIOMAYE-SONKO
Après dix mois d’exercice du pouvoir du Pastef, des partis de l’opposition se sont retrouvés, le 9 février 2025, pour mettre en place un cadre d’unité d’action dénommé Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (Fdr), pour faire face aux attaques contre les principes qui fondent la République, la démocratie et l’état de droit, en vue d’en défendre les valeurs fondamentales gravement menacées par le régime Diomaye-Sonko. Depuis, le front se déploie autour d’un plan d’action bien ficelé.
..fait le bilan de Pastef …
Dans sa déclaration du 13 mars 2025, la conférence des leaders du FDR, dresse le bilan de Pastef “qui suscite de vives inquiétudes” , un an après la prise du pouvoir au Sénégal par ce parti . Le FDR constate, à la base des dérives autoritaires de l’État Sonko, une volonté manifeste d’assouvir un désir de vengeance, et qui donne la priorité à la répression et à l’emprisonnement d’opposants, d’hommes d’affaires, de médias et de tout porteur d’opinion défavorable au régime en place.
Le FDR note que le Pastef a fini de trahir ses engagements, car au lieu de créer des emplois on constate une purge politique dans les services de l’administration et les sociétés publiques où des milliers de travailleurs suspectés d’avoir des liens avec l’opposition son licenciés de manière abusive. S’y ajoutent le blocage et la remise en cause d’acquis sociaux tels que les bourses de sécurité familiale, les subventions sur l’énergie, etc.
Au plan économique, le FDR voit que “tous les indicateurs financiers sont au rouge et l’Etat se trouve dans une situation de quasi-faillite du fait de
son incurie.” Le recul du pays est aussi visible sur la scène internationale et le FDR en trouve les preuves dans l’abaissement des notes du Sénégal par toutes les agences de notation et les grandes banques qui restent sceptiques quant aux mesures de redressement annoncées par le gouvernement. Une autre preuve est la mise à l’écart du Sénégal dans la gestion du dossier de dialogue entre la CEDEAO et l’AES avec la désignation du nouveau président du Ghana comme médiateur.
Par ailleurs, le front de l’opposition indique que la proposition d’une loi d’interprétation de la loi d’amnistie et le refus catégorique d’abroger cette dernière laisse entrevoir le but inavoué de cette opération qui consiste à protéger les coupables tapis dans les rangs de Pastef, et à livrer des éléments des FDS à la vindicte de leurs souteneurs.
C’est en constatant les nombreux griefs de l’Etat-Pastef contre les institutions, la démocratie et l’Etat de droit que le FDR estime que “Jamais, depuis l’accession à l’indépendance du Sénégal, un gouvernement n’aura autant entrepris pour nuire à son pays…” ; et qu’il faut dresser un rempart contre ces « dérives inacceptables de l’État pastéfien » en avançant quatre exigences :
- la fin de harcèlement des opposants et l’ouverture de concertations politiques
- la renonciation aux mesures antisociales (hausse des prix inhérente à l’abandon des subventions sociales sur l’énergie : pétrole, gaz, électricité et…)
- l’arrêt immédiat des licenciements.
- retrait de la loi interprétative de la loi d’amnistie. »
A ces quatre revendications, le FDR devrait ajouter à juste titre une Sème, celle de la levée de la suspension des bourses familiales qui frappe plus de 300.000 ménages.
En conclusion, le FDR exprime sa conviction que “seule la lutte résolue peut faire reculer le Pastef et mettre fin à la dégradation institutionnelle, poli-tique, économique et sociale de notre pays.” Il convie, dans cette perspective, les forces vives à se mobiliser pour les actions à venir.
…dénonce un Hold up foncier du Pastef
A la clôture de sa séance du 20 mars 2025 la conférence des leaders du Front pour la défense
de la Démocratie et de la République (FDR)a publié une déclaration où il est dénoncé “un funeste projet de Pastef d’accaparer le foncier. En effet une proposition de loi portée par un certain Goebbels vise à dessaisir les Maires, les préfets et les gouverneurs et confier leurs prérogatives à l’ANAT (Agence nationale de l’Aménagement du Territoire), après avoir nommé un cadre de Pastet à la tête de cette structure. L’ANAT sera de ce fait transformée en structure délivrant des permis de lotissement et des permis de culture et de défrichement. Pourtant, depuis 1964, toutes les lois et règlements afférents à la gestion des terres du domaine national et à la décentralisation ont conféré et renforcé la compétence des collectivités territoriales pour gérer, pour le compte des citoyens qui les ont élues, les terres du domaine national dans leurs territoires respectifs ».

Visite d’une délégation du FDR chez les leaders religieux
Cette proposition de loi que le FDR dénonce comme “une boulimie de l’Etat Sonko” qui se montre déterminé à faire main basse sur toutes les ressources du pays, en concentrant entre ses mains tous les leviers de prise de décision, excluant ainsi les représentants légaux et légitimes des populations.
Cependant ce n’est ni la transparence, ni l’efficacité qui sous-tendent ce changement, puisque les préfets et les gouverneurs exercent une supervision et une surveillance administrative factuelle en validant tous les procès-verbaux de délibération d’octroi de terre. Et l’ANAT quant à elle assure une surveillance technique toujours pour le compte de l’Exécutif.

Le FDR pense qu’au lieu d’introduire cette loi qui vise une suspension de fait de la politique de décentralisation dans notre pays, il faut plutôt apporter de meilleures solutions aux problèmes des collectivités territoriales qui découlent de facteurs tels que le défaut de qualification des agents municipaux, et qui ont leur palliatif dans la formation qualifiante du personnel sur les finances et d’autres domaines de compétences tech-niques.
Face au “jacobinisme de mauvais aloi” de l’Etat Pastef, le FDR préconisent d’autres solutions qui doivent aller dans le sens de renforcer le contrôle et les moyens d’inspection, recruter du personnel qualifié dans la fonction publique locale et mieux encadrer le personnel des collectivités territoriales.
C’est pourquoi, le FDR appelle les Maires, les conseillers municipaux et les organisations paysannes à se joindre à son combat pour empêcher le vote de cette funeste loi.
Ibrahima Mané
