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L’inquiétante avancée des djihadistes dans le Sahel

sur AFRIQUE
août 11, 2025

Jean Marc Gonin Publié le 19/07/2025 à 11:00, mis à jour le 19/07/2025 à 14:20

Nous avons pu lire dans un papier du Figaro, signé par Jean Marc Gonin, en date du 19 juillet 2025 une analyse de la situation sécuri taire du Sahel assez alarmante qu’il nous paraît nécessaire d’en re
prendre l’essentiel pour nos lecteurs.

Selon ce journaliste, « Moins de trois ans après la fin de l’opération Barkhane – décidée par Emmanuel Macron en novembre 2022 sous la pression des juntes militaires parvenues au pouvoir grâce à des coups d’État -, la situation sécuritaire au Sahel s’est considérablement dégradée.», du fait de la multiplication des attaques djihadistes meurtrières menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) dirigé par Iyad Ag Ghali, affilié à al-Qaida et l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) affilié à Daech.

D’après lui, les mois de « Mai, juin et juillet ont été particulièrement spectaculaires avec des attaques à répétition. Une des dernières offensives en date s’est produite le ler juillet dans la partie occidentale du Mali, frontalière du Sénégal et de la Mauritanie.», avec pour objectif de contrôler les centres urbains comme Kayes et Nioro du Sahel, « mais surtout les principaux axes de circulation de la région » leur permettant de prélever des taxes sur les camions fréquentant ces axes. Et Jean Marc Gonin de citer Bakary

Sambe, le Directeur régional du Timbuktu Institute, think tank consacré aux études stratégiques en Afrique, « Ces attaques contre des cibles stratégiques, incluant des postes militaires, de douane et des axes lo-gistiques, dit-il, visent à perturber les lignes de communication et d’approvisionnement de l’armée malienne, isolant davantage Ba-mako. La faible densité de forces de sécurité dans ces zones périphériques au profit de la sécurisation de la capitale permet forcément au GSIM de frapper rapidement et de se replier, exploitant l’isolement géographique et les défis logistiques de l’armée.

En outre, il ne faut pas non plus négliger le fait que le GSIM a déjà opéré une réelle infiltration des réseaux économiques trans-frontaliers en tirant une grande partie de son succès de sa capacité à s’infiltrer dans les réseaux comme le vol de bétail, le trafic de bois et diverses contrebandes. Juste-ment, dans la région de Kayes, le groupe contrôle en partie des secteurs clés, générant des revenus substantiels. »

Poursuivant, le chercheur de Timbuktu Institute souligne : « Il est clair que les attaques coordonnées du ler juillet s’inscrivent dans la stratégie à long terme du GSIM, visant à fragiliser le Mali en perturbant le ravitaillement de Bamako mais aussi à étendre son influence vers les pays voi-sins, précise-t-il. En ciblant des villes comme Kayes, Nioro du Sahel et Diboli, le groupe cherche naturellement à contrôler des axes économiques et logistiques clés reliant le Mali au Sénégal et à la Mauritanie.»

Ensuite, Bakary Sambe ajoute : « Le GSIM est en pleine exploitation du vide sécuritaire régional avec retrait des forces internationales malgré les apports de la coopération avec la Russie, dit-il. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger réunis, dans l’Alliance des États du Sahel (AES), peinent à endiguer la progression du groupe, malgré leur volonté et leurs efforts de priorisation de la sécurité… » Enfin B.Sambe révèle que la collaboration des autorités des Etats du Sahels « avec le groupe Wagner, accusé de violations des droits humains, aurait également alimenté les griefs locaux » n’a pas manqué de faciliter « les recrutements du GSIM. Ensuite, celui-ci a réussi à s’adapter et même à profiter des crises environnementales et économiques. Elles ont exacerbé les tensions entre communautés pastorales et agricoles, que le GSIM instrumentalise pour rallier des jeunes désœuvrés, notamment via différentes plates-formes des réseaux so-ciaux. Dans la région de Kayes, son implication dans l’économie du bois et de Télevage lui permet de se poser en véritable acteur économique alternatif, offrant une forme de stabilité économique à certaines communautés en échange de leur loyauté.»

Selon Jean Marc Gonin, la communauté dont parle B.Sambe est bien celle des Peuls, « une population de la bande sahélo-saharienne particulièrement active dans l’économie pastorale. Au Mali, ils sont environ 2,7 millions (13 % de la population totale), 1,7 million (7 %) au Niger et 1,5 million (7 %) au Burkina Faso. Ces ber-gers, experts en élevage, suivent les transhumances de leur bétail et se trouvent donc fréquemment en conflit avec des agriculteurs sédentaires. Avec l’avancée du désert, les conflits se sont accentués et les Peuls appauvris. Ils sont donc devenus, notamment les jeunes, des proies faciles pour les groupes armés et, souvent, des suspects idéaux pour les victimes des djihadistes.

C’est le cas au Burkina Faso où la lutte entre forces armées et groupes djihadistes prend souvent l’allure d’un conflit eth-nique.».

S’appuyant sur un rapport de l’Institut Egmont, organisme belge de recherche en relations internationales, le journaliste du Figaro relève que « 60 % du territoire national échapperait au contrôle des forces armées burkinabées. », que « le GSIM serait implanté dans 11 des 13 régions que comporte ce pays et que ses hommes y circuleraient librement. Depuis trois ans, les djihadistes se sont mués en champions de la cause peule, ce qui occasionne aussi bien des affrontements violents avec les forces armées et leurs supplétifs que des massacres de villageois issus d’autres ethnies. Les expéditions punitives des uns répondent à celles commises par les autres…..»

(Source: https://www.lefigaro.fr)

La Rédaction

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