Des intellectuels africains et du monde ont tenu à rendre hommage à Mme Fatou Sow, sociologue, à travers un symposium organisé au Musée des Civilisations Noires à Dakar les 15, 16 et 17 mai 2025, pour son engagement théorique et pratique en faveur de la défense des droits des femmes, toute sa carrière durant.
Intellectuelle, femme de conviction et féministe pure et dure, elle a toujours assumé ses positions qui lui ont valu une reconnaissance sur le plan in-ternational. A 83 ans Fatou Sow Diagne n’a jamais baissé les armes. Et son combat contre le patriarcat, soubassement des pratiques rétrogrades dans nos sociétés africaines contre les femmes, est toujours d’actualité.
Lors de ce symposium, elle a tenu à réaffirmer les fondements du fémi-nisme. «Etre féministe, dira-t-elle, c’est vouloir changer la position de subordination des femmes, c’est pouvoir ôter tous les obstacles qui se dressent devant l’avancée des femmes, devant leurs besoins et leurs exigences de droits ».
Poursuivant, elle affirme : « on a besoin d’une démocratie au féminin, d’une démocratie qui répond à nos vœux, on veut pouvoir y arriver sans quota, sans parité, mais arriver parce que nous sommes là, nous sommes compétentes, nous sommes politiquement fortes, nous avons des opinions, nous avons des moyens de construire nos sociétés sur des normes que nous avons faites ensemble.»
Pour Fatou Sow, le débat sur les femmes n’est pas seulement sur elles mais c’est un débat sur la société, un débat de société et également un combat de société. Ce combat, mené depuis les années 70, est semé d’embûches et d’obstacles, mais c’est le seul moyen de faire reculer les pratiques rétrogrades et préserver, protéger les droits des femmes.
Dans cette même veine, le philosophe Camerounais Achille Mbembe a, lui, prôné de « libérer la puissance féminine», car, sans elle cette puis-sance, il ne peut y avoir de démocratie dans nos pays africains. « Cette libéra-tion, selon lui sera le fer de lance pour investir dans l’éducation civique, les espaces de créativité et la transmission intergénérationnelle ».
Le professeur Mamadou Diouf de l’université de Columbia, quant à lui, a salué le travail de Fatou Sow Diagne sur « une sociologie du développement puis une sociologie du genre pour mettre en exergue les inégalités dans nos sociétés qui plombent le développement de femmes ». Pour illustrer son propos, il finit par citer Ousmane Sem-bène : « la seule manière de transformer les sociétés africaines, c’est de changer le statut des femmes. Tant que les femmes ne seront pas émancipées, les sociétés ne seront pas émancipées, ça c’est très clair».
Cette rencontre fut un moment d’émotion intense où parents et amis ont pu communier avec Fatou Sow Diagne avec qui nous avons eu des années de collaboration autour du journal « Talaatay Nder » (1978-79), pour la défense des droits des femmes. Nous étions alors étudiantes à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, bénéficiant de son accompagnement intelligent et militant. Gacce Ngaalaama
Faatou !
(Source : Le Quotidien – Symposium – Hommage à la professeure Fatou Sow : Une vie dédiée à la recherche – Ousmane Sow, 16 mai 2025)
Par Mme Sambe Rose SARR
