
Le 10 juillet 2025, la Confédération pour le Démocratie et le Socialisme a tenu une conférence de presse pour se prononcer sur la situation de crise d’une gravité particulière que traverse le pays.
Des dangers qui menacent le Sénégal !
De gauche à droite : Pape Demba Sy(Udf), Samba Sy (Pit-S), Nicolas Ndiaye (Ld), Bassirou Sarr(Ajs), Momar Sambe (Rta-S), Massirin Savané (Aj/Pads/A)
S’appuyant sur le contexte, Nicolas Ndiaye, SG de la LD et animateur de la conférence a commencé par saluer la présence massive de la presse, en ces termes « Nous vous adressons, à vous journalistes, professionnels des médias, qui poursuivez, avec courage et rigueur, votre mission d’informer, d’interroger, de décrypter, une mention particulière. Dans une conjoncture où la parole indépendante est de plus en plus surveillée, où la critique se paie parfois d’arrestations ou d’exclusions, votre constance et votre sens du devoir sont à saluer. Vous êtes les gardiens intransigeants de la transparence et les sentinelles. actives de notre République. Qu’il nous soit permis de vous dire, ici, toute notre gratitude et notre profonde reconnaissance ! »
Ensuite, le leader de la CDS a campé le contexte en indiquant que « c’est avec gravité et lucidité que la Conférence des Leaders de la CDS prend aujourd’hui la parole. Face aux dérives autoritaires en cours, face à une économie à l’arrêt, à une diplomatie qui s’étiole sur la scène régionale et internationale et à un régime qui, depuis sa prise de fonction, tâtonne sans cap clair ni cohérence dans la conduite des affaires publiques, il nous revient, en tant que force politique responsable, de sonner l’alarme.
En effet il n’est pas exagéré de dire que notre pays est en danger !! En danger sur le plan de la démocratie et des droits de l’homme ! En danger sur le plan économique ! En danger sur le plan social ! En danger sur le plan diplomatique ! »
DANGER SUR LE PLAN DE LA DÉMOCRATIE ET L’ÉTAT DE DROIT !!!
«Depuis plusieurs mois, nous assistons, consternés, à la multiplication des arrestations arbitraires, devenues la signature infamante d’un pouvoir qui rejette toute forme de contradiction et redoute la moindre voix dissonante. La scène publique se transforme ainsi progressivement en un théâtre de répressions où l’opinion indépendante est perçue comme une menace, et où le débat démocratique se voit remplacé par l’intimidation systématique.
Nous nous indignons particulièrement de la traque méthodique et impitoyable qui s’abat sur des chroniqueurs, des journalistes, des acteurs politiques, et même de simples citoyens, dont le seul tort est d’exercer un droit constitutionnel : celui de s’exprimer librement. Que leur parole ait été audacieuse, critique ou dérangeante n’enlève rien à sa légitimité. Bien au contraire ! N’est-ce pas dans la diversité des points de vue que se nourrit une démocratie vivante ?
Lorsque la parole libre devient un délit, c’est la République elle-même qui chancelle sur ses fondements. Lorsque la pensée critique est érigée en menace d’État, c’est l’intelligence collective de toute la Nation que l’on tente d’éteindre. À travers ces dérives autoritaires, c’est un climat de peur que l’on cherche installer, une société de la surveillance que l’on travaille à instaurer à bas bruit.
Face à cette régression préoccupante, la CDS exprime son soutien total, entier et résolu à toutes celles et tous ceux qui sont injustement emprisonnés ou inquiétés pour avoir exprimé leurs convictions. Elle salue leur courage, magnifie leur engagement et affirme qu’aucune prison ne peut enfermer les idées, qu’aucun silence imposé ne peut étouffer la vérité. » Ainsi, la CDS a réitéré son soutien à Badara Gadiaga, Madiambal Diagne, Bachir Fofana, Moustapha Diakhaté, Abdou Nguer, Ardo Gning ainsi que tous ceux qui sont inquiétés pour leurs opinions. »
Réaffirmant son attachement « au principe de reddition des comptes, socle éthique conforme aux valeurs fondamentales que défendent les partis de gauche », la CDS dénonce une application sélective et
politisée de ce principe, qui en trahit l’esprit même. « Lorsque la reddition des comptes devient un instrument de règlement de comptes, ciblant uniquement ceux qui refusent de se rallier au pouvoir en place, pendant que les transhumants bénéficient d’une impunité bienveillante, la justice cesse alors d’être une exigence républicaine pour devenir une arme au service de l’arbitraire.
Du reste, qui peut exclure une visée politicienne de préparation des prochaines élections locales, au vu du nombre de maires destitués ou incarcérés dont Barthélémy Diaz maire de Dakar, Farba Ngom maire d’Agnam, Mansour Faye maire de ST Louis, Moustapha Diop maire de Louga, Sophie Gladyma maire de Joal-Fadiouth ?! »…
DANGER SUR LE PLAN ÉCONOMIQUE !!!
Abordant l’aspect économique de la crise, le SG de la Ld a indiqué que « Les chantiers du BTP, autrefois symboles de dynamisme et de modernisation, sont aujourd’hui à l’arrêt. Ainsi, sont abandonnés des milliers d’artisans, d’ouvriers et de techniciens à une inactivité forcée, charriant angoisse et inquiétude. Les entreprises de presse, garantes essentielles de la liberté d’informer et de la vitalité démocratique, se débattent dans une précarité sans précédent, au point que, pour la plupart d’entre elles, se pose, de plus en plus avec acuité, un dramatique problème de survie. Ce marasme économique global s’accompagne d’un affaissement moral préoccupant, nourri par l’inaction, le déni et l’autosatisfaction d’un pouvoir exécutif coupé des réalités, incapable d’anticiper les urgences, encore moins d’y répondre…
DANGER SUR LE PLAN SOCIAL !!!
En milieu rural, l’inquiétude grandit. Le monde paysan, pilier de notre souveraineté alimentaire, s’alarme déjà pour les prochaines récoltes. En effet, dans de nombreuses contrées du pays, les semences distribuées par l’État se révèlent de qualité médiocre, voire totalement inadaptées. Ce qui compromet, dès le départ, les efforts de milliers de producteurs qui pourtant savent travailler la terre avec abnégation et foi. Une agression qui vient s’ajouter à la suppression brutale des bourses de sécurité familiale, qui constituaient un filet de survie pour les populations les plus démunies, notamment en campagne, permettant à de nombreuses familles, plus de 300 000, de préserver un minimum de dignité.
Dans le même temps, le train de vie de l’État demeure dispendieux, indifférent aux sacrifices exigés du peuple. Pire encore, l’endettement du pays se mène à un rythme effréné, sans que l’on puisse en observer les contreparties en termes d’investissements structurants ou de retombées visibles pour les citoyens ». Dans ce domaine, nous assistons, selon Nicolas Ndiaye à une véritable purge idéologique au cœur du désarroi des travailleurs des structures publiques ! » Selon lui, « Le
monde du travail, pour sa part, traverse une période d’une brutalité sans précédent. Derrière les chiffres froids des licenciements se cachent des tragédies humaines, des familles brisées, des espoirs anéantis, des vies précipitées sans ménagement dans l’extrême précarité. Plus de 30 000 travailleurs, notamment dans des entreprises publiques, ont été arbitrairement écartés, sans acquittement de leurs droits, non pour incompétence ou faute professionnelle, mais pour le seul et unique tort d’avoir des opinions politiques différentes ou pour soupçon de proximité avec l’opposition. Ce tri indigne et cette chasse à l’homme au sein de l’administration et des sociétés nationales rappellent les heures les plus sombres des pou- voirs confondant allégeance partisane et loyauté républicaine. Loin d’être un simple abus, cette épuration perfide constitue une atteinte grave aux principes fondamentaux de neutralité de la fonction publique et de la justice sociale.
La Conférence des Leaders de la CDS proclame que l’indifférence face au sacrifice quotidien de ceux qui créent la richesse de la Nation, et leur mise à l’écart pour des raisons politiques, représentent l’une des formes les plus insidieuses et cruelles de violence institutionnelle. Un État ne se construit pas sur l’exclusion, mais sur la reconnaissance, le respect et la protection équitable de tous ses citoyens.»
Scrutant la scène internationale, le leader de la CDS fait le constat préoccupant du « déclin du rayonnement diplomatique de notre pays. Le Sénégal, jadis perçu comme un exemple de stabilité, de maturité institutionnelle et de leadership en Afrique, voit aujourd’hui son influence s’éroder à un rythme alarmant. Notre pays qui fut pendant longtemps une vitrine de la dé-mocratie, un champion de la diplomatie constructive et un acteur écouté dans les cercles internatio-naux, semble désormais relégué à un rôle secondaire, devenant spectateur de grandes décisions lui qui fut naguère une force respectée de proposition.
DANGER SUR LES NORMES RÉPUBLICAINES !!!
Les déconvenues diplomatiques, qui se multiplient, révèlent une perte de cap, une incohérence dans les orientations, et une posture extérieure souvent déconnectée des enjeux réels. L’image du Sénégal, pays naguère salué pour sa constance, son sens du dialogue et son attachement aux principes universels, se brouille dans les chancelleries. Un recul qui ne peut être réduit à une simple défaillance conjoncturelle parce que traduisant une crise profonde de la vision et de l’ambition diplomatique de notre pays.
De sorte qu’il devient impératif, dans un contexte international en pleine recomposition, que le Sénégal renoue avec une diplomatie au-dacieuse, proactive, fondée sur une doctrine claire, une parole crédible et des actions cohérentes. Nous devons nous le dire : dans le monde tel qu’il va, le respect se mérite, se cultive et se défend par l’intelligence stratégique et la constance dans les principes. »

Appréciant la légèreté de ton du Premier ministre, N.NDiaye estime que celui-ci trahit l’exigence de hauteur républicaine. « C’est pour-quoi, affirmera-t-il, la CDS dénonce avec la plus grande fermeté le comportement désinvolte, provocateur et outrageusement méprisant d’un Premier ministre qui, au lieu d’incarner la mesure et la dignité qu’exige sa fonction, se complaît dans les menaces à répétition, les invectives permanentes et l’escalade verbale. L’injure n’est pas un mode de gouvernance.»

« Ce Premier ministre s’est récemment illustré par des propos insultants à l’égard des magistrats, remettant en cause, avec une légèreté consternante, la crédibilité d’une institution garante de l’équilibre républicain.
À quoi s’ajoute une frénésie de déplacements en jet privé, effectués dans une opacité totale, sans la moindre explication quant aux modalités de prise en charge financière.
Ce qui suscite, à juste titre, l’indignation d’une opinion publique plus que jamais confrontée à la dureté du quotidien, et à l’insupportable paradoxe des reniements et revirements des nouvelles autorités qui, dans l’opposition, avaient promis monts et merveilles aux populations, jeunes en particulier.
Ce cumul de désinvolture ver-bale, de mépris des institutions, de remise en question de ses propres engagements, et d’indécence ostentatoire traduit une conception inquiétante du pouvoir, aux antipodes des exigences d’éthique, de retenue et de responsabilité que requiert l’exercice de la plus haute fonction gouvernementale. »
QUE FAIRE FACE À TOUS CES DANGERS?
Cette interrogation a amené le porte-parole du jour de la CDS à lancer un appel solennel à la vigilance citoyenne et à la renaissance d’une gouvernance éclairée à l’endroit des forces vives de la nation.
«Au total, dira N.Ndiaye, en cette phase critique de notre trajectoire nationale, la Conférence des Leaders de la CDS lance un appel solennel, ferme et retentissant, à toutes les consciences éveillées et responsables.
Il est temps de repousser la résignation et de réaffirmer, avec force, notre droit collectif à la dignité, à la liberté et à la justice. Que se dres-sent, dans chaque région, dans chaque département, dans chaque commune, des hommes et des femmes résolus, bâtisseurs d’un avenir fondé sur le respect des principes républicains et l’exigence d’une gouvernance autre, une gouvernance adossée à l’éthique !
Nous en appelons à la mémoire de nos luttes fondatrices, à la noblesse de notre engagement historique pour la démocratie ! Nous en appelons à la jeunesse, aux syndicats, aux mouvements ci-toyens, aux intellectuels, aux chefs religieux et coutumiers, ainsi qu’à l’ensemble des forces vives de la Nation, pour qu’en-semble, dans un élan pacifique et patriotique, nous disions NON à la dérive, et OUI à une République fidèle à ses valeurs essentielles !
Cet appel est aussi un cri de raison et d’urgence lancé au gouverne-ment. Il est urgent d’opérer, sans délai, un changement profond d’at-titude, de rompre avec l’arrogance, le mépris et l’opacité, afin d’ouvrir le chemin d’un redressement économique véritable et inclusif pour notre pays. Le Sénégal ne saurait s’accommoder plus longtemps de l’immobilisme hautain et de la gestion autoritaire.
Le Sénégal ne pliera pas. Il ne renoncera ni à sa dignité, ni à son idéal démocratique. Il est et restera une terre de liberté, de justice et de solidarité. Et dans ce combat pour la vérité et l’espoir, la CDS prendra toute sa part, avec détermination, loyauté et responsabilité.»
La Rédaction
