De la constance du Pastef à ruiner le Sénégal !

sur POINT DE VUE
avril 11, 2025

En septembre 2024, la déclaration du gouvernement conduit par son Premier ministre annonçant devant la presse nationale et internationale la faillite dans la gestion des finances publiques a créé une onde de choc et entraîné la baisse de la note du pays par les agences de notation.

Cinq mois après, en février 2025, la publication du Rapport définitif de la Cour des Comptes, assombrissant davantage la situation relative à la tenue des finances décrite par Sonko, amène l’agence Moody’s à aggraver la note du Sénégal reclus désormais dans les limites B1 du défaut de paiement et présentant pour les investisseurs un profil de pays à « risque très élevé ». Par la suite, c’est à l’agence Standard & Poor’s de s’y mettre pour dégrader davantage la note du Sénégal.

Quand l’Onu, à travers son Conseil économique a décidé, sur la base des avancées notables de son économie, de faire passer le Sénégal de pays pauvre à pays moins avancé, le gouvernement de Sonko a récusé cette avancée avec des arguments très peu crédibles.

Malgré les apparences, il y a de la cohérence et de la constance dans les actes posés par Sonko, depuis l’opposition jusqu’à l’arrivée au pouvoir du Pastef. Continuité politique et idéo-logique. Il s’agit de faire la démonstration que notre pays, le Sénégal, est dans une situation ca-tastrophique, dans tous les domaines, même si les faits contredisent une telle perception.

En effet la persistance de Sonko à répéter, de manière insistante, les accusations de mauvaise gestion, de vol, de prévarication des deniers publics contre le régime sortant tient dans sa conviction intime que rien de ce qui s’attache à la gouvernance de celui-ci n’est bon. Tout est pire, tout n’est que ruine.

Au point que le Sénégal est tombé dans les abysses de la déchéance, au quatrième sous-sol.

Et pour lui, c’est de ce fossé qu’il faut sortir le pays, c’est sur ces décombres qu’il faut le re-construire. Cette conviction, il nous en a décliné les contours dans toutes ses coutures, sous toutes ses couleurs.

Mieux, c’est avec un acharnement mortifère qu’il a, dans l’opposition, mobilisé les énergies, les passions jeunes et moins jeunes, poussées à l’extrême pour atteindre une haine indicible, quasi-irrationnelle, du mal, incarné par le régime de Macky et de tous ses devanciers, tous méritant le peloton d’exécution.

Cette haine déversée dans les rues dans les différentes villes du pays à embrasé des infrastructures de production d’eau, d’électricité, de transport moderne, du Ter, du Brt, et d’autres biens publics dont le plus symbolique est l’université Cheikh Anta Diop incendiée dans la joie, les chants et les danses de guerre. A côté de ces biens publics, beaucoup de biens privés ont subi la furie des incendiaires… Dynamique sulfureuse nourrie de l’idéologie manichéenne du “bien et du mal”….

Le mal d’un côté, le bien de l’autre, le mal

incarné par tous les régimes passés que le camp du “bien” doit écraser. Dès lors, rien dans le camp du “mal” ne peut ne doit être considéré comme positif… Dans une telle logique, l’on comprend aisément que Sonko et le Pastef puissent considérer que le Sénégal soit encore dans la fosse, dans les bas-fonds de la fosse.

destruction quelle que puisse être son ampleur ne devrait donc être considérée, dans cette perspective, que comme un acte salvateur de nettoyage des bas-fonds, des écuries d’Augias, un acte purificateur qui prépare l’émergence du

“bien” que le démiurge, le Messie, doit porter.

Car il n’y a pas de mérite particulier à améliorer l’existant ; le véritable exploit réside dans la rupture pour la création du nouveau. Faire table rase de l’existant mauvais pour l’édification du bien.

Si hier, on ne pouvait qu’accuser, sans jamais pouvoir le prouver, sans jamais pouvoir montrer au juge le rapport incriminant telle ou telle autorité, aujourd’hui qu’on a les leviers du pouvoir, on fera tout pour accréditer la thèse soutenue dix ans durant que le Sénégal est bien dans le gouffre économique et social indicible.

C’est dans ce cadre que s’inscrivent toutes ces opérations d’audit des finances publiques et privées et de chasse aux sorcières, quitte à ins-trumentaliser la justice, après avoir remplacé les juges d’hier affectés à Tamba par de nouveaux.

On pousse le ridicule jusqu’à plagier le PSE en l’habillant de nouvelles couleurs ‘systé-miques’

‘, à réinaugurer un musée déjà étrenné par le Président Macky Sall, à coller un nouveau nom sur les projets engagés par ce dernier.

Il faut faire la démonstration que notre pays, le Sénégal est en ruines, quitte à le mettre à l’ar-rêt, à le vilipender à l’extérieur, à vendanger ses acquis diplomatiques, à mettre ses populations dans des difficultés sans nom, licencier à tout-va, par milliers, couper les bourses familiales à plus de 300.000 familles et exiger de tous le tribut d’un sacrifice imposé.

Mais qui pourrait s’en étonner quand ceux qui nous dirigent ne se sont épargné aucun ou-trage, aucune outrance, poussant l’outrecuidance jusqu’à porter plainte contre le Sénégal, leur pays, à la Cour Pénale Internationale (CPI), pour leur ambition personnelle ? Comment peut-on, un seul instant, penser que ceux-là pourraient se donner des limites ou s’embarrasser de scrupules pour entreprendre des manœuvres de discrédit du Sénégal, de dégradation de sa signature, de son ravalement au rang de pays voyous au nom de leur seule crédibilité politique ?

On en est là, aujourd’hui, où notre pays est livré pieds et poings liés au Fmi pour être sacrifié sur l’autel d’ambitions folles d’hommes et de femmes qui ont vendu aux populations une montagne d’illusions, populisme oblige. Et l’on se demande ce qu’il adviendra de ce pays et de ses populations, quand les conditionnalités du Fmi seront mises en application.
Editorial :
par El Hadji Momar SAMBE

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